Ca se veut drôle, et pourquoi pas. Mais est-ce que cela recouvre une réalité, comme toute caricature censée grossir le trait et appuyer là où ça fait mal ? Je n’en sais rien. Je vous livre telle quelle la devinette suivante, il paraît qu’elle fait un tabac sur la Toile en langue anglaise. Pour ma part, je l’ai découverte en incipit de On se fait la bise ? Le guide international des bonnes manières de Mark McCrum paru en mai au Seuil. Les Nations-Unies ont réalisé il y a quelques années une vaste enquête à l’échelle internationale autour d’une seule question :” Pourriez-vous, s’il vous plaît, nous donner votre opinion sincère sur les solutions à adopter afin de mettre fin à la pénurie de nourriture dans le reste du monde ?” L’enquête se solda par un échec. Pourquoi ?
“En Afrique, on ignorait le sens du mot “nourriture” ; en Inde, on ignorait le sens du mot “sincère” ; en Europe, on ignorait le sens du mot “pénurie” ; en Chine, on ignorait le sens du mot “opinion” ; au Moyen-Orient, on ignorait le sens du mot “solution” ; en Amérique du Sud, on ignorait le sens des mots “s’il vous plaît” ; aux Etats-Unis, on ignorait le sens de l’expression “reste du monde”.”
Allez, c’est bien parce que c’est les vacances ! N’empêche : la blague est censée illustrer, à l’ère de la communication immédiate, permanente et
transfrontalière, la difficulté à se parler entre des gens aux moeurs locales et aux mentalités séculaires profondément enracinées.
(Article paru sur le blog de Pierre Assouline)