Dernièrement, j'ai eu une discussion fort intéressante avec un proche ami qui décriait, à raison, le comportement innommable et le manque
de culture du Co-prince d'Andorre.
Nous sommes tous d'accord, en effet, pour affirmer que l'homme qui est aujourd'hui le premier et unique chanoine d'honneur de l'Archibasilique St Jean de Latran n'a aucune sensibilité
pour les Arts en portant un amour pour le pragmatisme qui atteint un paroxysme jamais égalé dans notre République. Mais dans le doute, je préfère couper l'herbe sous le pied à ceux qui
douteraient encore que le Grand Maître de la Légion d'Honneur est un "barbare" au sens hellène du terme.
Nombreuses sont les anecdotes -qui sont malheureusement de moins en moins anecdotiques...- qui nous font avoir honte d'avoir un homme si "culturophobe" au sommet de l'Etat. Outre ses
dérapages verbaux à répétition et son manque de vocabulaire, il aime surfer sur la vague fort populaire du front anti-intelligence ; une bien mauvaise mode d'ailleurs qui se généralise de
plus en plus...
Un exemple ? Ses attaques répétées à l'encontre du chef d'oeuvre de Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, roman qui est modèle de la
littérature moderne.
En avril dernier, ce futur Président de l'Union Européenne a déclaré cette petite tirade qui vaut son pesant d'or dans l'ordre de l'imbécilité et de la médiocrité ; les deux allant de
pair.
Les premières victimes de l’organisation actuelle, ce sont les fonctionnaires. Innombrables sont ceux qui m’ont dit : A quoi ça
sert qu’on se donne du mal, on a l’impression que tout le monde s’en moque ! Et la qualité de vie d’un fonctionnaire, ça compte aussi. C’est tout ce que nous engageons (…) sur la
mobilité, sur la reconnaissance du mérite, sur la valorisation de l’expérience, sur la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter
par coeur La Princesse de Clèves ! Ca compte aussi dans la qualité de vie d’un fonctionnaire…”
En 2007, il avait déjà par deux fois décrié La Princesse de Clèves dans des tirades du même acabit en y accentuant l'aspect
démagogique.
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez,
avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas
si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le
spectacle ! » (23 février 2006)
Pourquoi diable s'en prend-il ainsi, à travers cette oeuvre, à la connaissance de la littérature ? A sa décharge, on pourrait penser qu'il souhaite plaire à son électorat. Mais, il met tant de
zèle dans son rôle d'amateur de luxe et de porte-étendard de la culture Paris-Match que le doute n'est pas permis : il voue une haine profonde pour notre patrimoine littéraire. Si seulement il
pouvait être autant Gaulliste qu'il ne cesse de le proclamer. En effet, le Général, pour sa part, a toujours cherché à mettre en avant les richesses de la culture. Il n'y a qu'à en juger par
cette phrase extraite du Fil de l'épée : "La véritable école du commandement est la culture générale" ou bien encore celle extraite de
Vers l'armée de métier :“Pas un illustre capitaine qui n’eût le goût et le sentiment du patrimoine de l’esprit humain. Au fond des victoires
d’Alexandre on retrouve toujours Aristote”. Evidemment, ce qui vaut pour l'armée peut être généralisé à l'ensemble de la société.
Ce Louis de Fùnes de la Rolex (même si j'ai le plus grand respect pour cet acteur qui, lui, jouait la comédie...) menace notre culture et notre langue. Ceux qui ne comprennent pas le danger que
représentent ces crachats adressés à la littérature n'auront que leurs yeux pour pleurer le jour où, à la place de Proust ou de Balzac, les lycéens étudieront Dan Brown
et Marc Lévy.
Le pire dans tout cela est de se dire qu'une société a le Président qu'elle mérite... Vite, fuir grâce à la littérature !!!