Je me suis rendu il y a peu dans un grand magasin de la banlieue moulinoise pour y acheter, à moindre frais, de quoi me sustenter.
Il faut vraiment être poussé par la nécessité pour aller dans un lieu aussi détestable que peut l'être l'un de ces antres du capitalisme au moment du grand raout mercantile qui précède la Noël.
Mais, le fait est que j'y suis allé, accompagné par une mienne connaissance.
Je préfère ne pas évoquer les mille imbécilités que l'on peut ouïr ou voir en parcourant les rayons de ces lieux impersonnels, où tout à chacun est en quête de la bonne affaire.
Je n'en ai ni le temps, ni l'envie.
Ce qui m'importe le plus, c'est ce que mon amie m'a dit juste avant que nous ne quittions le magasin, alors que nous passions devant un stand typique de la période de Noël.
En effet, dans le grand hall, se trouvait un stand tenu par des membres de la SPA qui se proposaient d'emballer les cadeaux moyennant un modeste don à leur association. Je lui fis alors remarquer que d'habitude des scouts ou des étudiants s'occupaient de cette "lourde" tâche. Et, je ne pus m'empêcher de lui dire qu'en ces temps de crise économique et de morosité ambiante - et quitte à renier l'enseignement de Romain Gary (dans Les racines du ciel) du respect suprême de la vie qu'elle soit humaine ou animale -, d'autres associations auraient plus eu leur place dans ce hall qu'une association de protection des animaux. Ce doit être ma fibre socialiste très certainement.
Mais, mon amie était loin de partager ce constat. Je n'oublierai jamais ce qu'elle a dit.
"Tu sais, je préfère bien plus donner de l'argent pour des animaux que pour des humains."
Cette remarque m'a immédiatement fait repensé au livre de Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être. Dans ce roman, le personnage de Tereza tient plus aux animaux qu'aux êtres humains et ainsi la perte de son chien est vécue par elle comme un moment extrêmement douloureux, bien plus que s'il s'était agi de la mort de l'un de ses proches. En même temps, Tereza a de quoi prendre en haine l'espèce humaine : une mère dont la vulgarité lui fait honte et la répugne et un mari volage.
Et, moi-même, j'ai souvent été bien plus tendre et bien plus affectueux avec mes chats qu'avec des êtres humains. Et pas de doute que certains considèrent leur animaux domestiques comme des créatures bien supérieures aux hommes.
Certes, nous pouvons envier aux animaux leur absence d'entendement et de réflexion. Et, nous pouvons louer la fidélité de ces bêtes qui ne nous déceveront et ne nous trahiront jamais.
Oui, ce serait le bonheur de ne jamais se poser de question et de prendre tout simplement les évènements comme ils arrivent.
Mais, quel malheur de ne pas pouvoir lire les romans de Proust ou de Zweig ! Quel malheur de ne pas pouvoir appronfondir toujours plus la connaissance du monde qui nous entoure !
Oui, ce serait merveilleux de n'être entouré que par des êtres qui nous porteraient de l'affection et qui nous ne feraient pas de mal.
Mais, quel malheur d'en rester au stade de la simple affection ! Quel malheur de ne pas connaître les sentiments amicaux et amoureux ; des sentiments ô combien plus profonds que l'affection !
Et, si vous doutez encore que nous ne sommes pas chanceux d'être humains, vous n'avez qu'à regarder les reportages animaliers. Vous réaliserez que les rapports sexuels entre animaux sont loin d'être la panacée. Pensez aussi aux combats et aux chasses qui ne cessent entre animaux. N'oubliez pas que le monde animal est un monde d'insécurité, sans contrat social.
A la lumière de ces évidences, vous ne pouvez pas ne pas prendre conscience du bonheur qui est le nôtre d'être des hommes et des femmes.
La vie est dure et, pour de courtes périodes, on rêverait d'être des animaux (cela va s'en dire, des animaux domestiques qui vivent comme des coqs en pâte et qui mènent une vie tranquille à la différence de leurs congénères qui vivent en milieu naturel, en mileu hostile, et qui constituent l'essentiel de l'espèce animale...)
La vie est aussi belle parfois et, là, pour rien au monde, on voudrait être des animaux. Bien au contraire, dans ces moment-là, on veut profiter au maximum de la jouissance intellectuelle et physique que nous confère notre statut de bipède raisonné.
Chaque humain est loin d'être la dernière des ordures. Pour cent déceptions, on déniche un être formidable. Le proportion est faible mais c'est une réalité. Il existe des personnes dont la présence nous rend heureux et avec qui nous partageons énormément. Elles sont peu nombreuses mais elles sont là, à nos côtés, prêtes à tout faire pour nous procurer du bonheur. Elles valent bien plus que mille chats et chiens !
Jouissons de la vie !
Il faut vraiment être poussé par la nécessité pour aller dans un lieu aussi détestable que peut l'être l'un de ces antres du capitalisme au moment du grand raout mercantile qui précède la Noël.
Mais, le fait est que j'y suis allé, accompagné par une mienne connaissance.
Je préfère ne pas évoquer les mille imbécilités que l'on peut ouïr ou voir en parcourant les rayons de ces lieux impersonnels, où tout à chacun est en quête de la bonne affaire.
Je n'en ai ni le temps, ni l'envie.
Ce qui m'importe le plus, c'est ce que mon amie m'a dit juste avant que nous ne quittions le magasin, alors que nous passions devant un stand typique de la période de Noël.
En effet, dans le grand hall, se trouvait un stand tenu par des membres de la SPA qui se proposaient d'emballer les cadeaux moyennant un modeste don à leur association. Je lui fis alors remarquer que d'habitude des scouts ou des étudiants s'occupaient de cette "lourde" tâche. Et, je ne pus m'empêcher de lui dire qu'en ces temps de crise économique et de morosité ambiante - et quitte à renier l'enseignement de Romain Gary (dans Les racines du ciel) du respect suprême de la vie qu'elle soit humaine ou animale -, d'autres associations auraient plus eu leur place dans ce hall qu'une association de protection des animaux. Ce doit être ma fibre socialiste très certainement.
Mais, mon amie était loin de partager ce constat. Je n'oublierai jamais ce qu'elle a dit.
"Tu sais, je préfère bien plus donner de l'argent pour des animaux que pour des humains."
Cette remarque m'a immédiatement fait repensé au livre de Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être. Dans ce roman, le personnage de Tereza tient plus aux animaux qu'aux êtres humains et ainsi la perte de son chien est vécue par elle comme un moment extrêmement douloureux, bien plus que s'il s'était agi de la mort de l'un de ses proches. En même temps, Tereza a de quoi prendre en haine l'espèce humaine : une mère dont la vulgarité lui fait honte et la répugne et un mari volage.
Et, moi-même, j'ai souvent été bien plus tendre et bien plus affectueux avec mes chats qu'avec des êtres humains. Et pas de doute que certains considèrent leur animaux domestiques comme des créatures bien supérieures aux hommes.
Certes, nous pouvons envier aux animaux leur absence d'entendement et de réflexion. Et, nous pouvons louer la fidélité de ces bêtes qui ne nous déceveront et ne nous trahiront jamais.
Oui, ce serait le bonheur de ne jamais se poser de question et de prendre tout simplement les évènements comme ils arrivent.
Mais, quel malheur de ne pas pouvoir lire les romans de Proust ou de Zweig ! Quel malheur de ne pas pouvoir appronfondir toujours plus la connaissance du monde qui nous entoure !
Oui, ce serait merveilleux de n'être entouré que par des êtres qui nous porteraient de l'affection et qui nous ne feraient pas de mal.
Mais, quel malheur d'en rester au stade de la simple affection ! Quel malheur de ne pas connaître les sentiments amicaux et amoureux ; des sentiments ô combien plus profonds que l'affection !
Et, si vous doutez encore que nous ne sommes pas chanceux d'être humains, vous n'avez qu'à regarder les reportages animaliers. Vous réaliserez que les rapports sexuels entre animaux sont loin d'être la panacée. Pensez aussi aux combats et aux chasses qui ne cessent entre animaux. N'oubliez pas que le monde animal est un monde d'insécurité, sans contrat social.
A la lumière de ces évidences, vous ne pouvez pas ne pas prendre conscience du bonheur qui est le nôtre d'être des hommes et des femmes.
La vie est dure et, pour de courtes périodes, on rêverait d'être des animaux (cela va s'en dire, des animaux domestiques qui vivent comme des coqs en pâte et qui mènent une vie tranquille à la différence de leurs congénères qui vivent en milieu naturel, en mileu hostile, et qui constituent l'essentiel de l'espèce animale...)
La vie est aussi belle parfois et, là, pour rien au monde, on voudrait être des animaux. Bien au contraire, dans ces moment-là, on veut profiter au maximum de la jouissance intellectuelle et physique que nous confère notre statut de bipède raisonné.
Chaque humain est loin d'être la dernière des ordures. Pour cent déceptions, on déniche un être formidable. Le proportion est faible mais c'est une réalité. Il existe des personnes dont la présence nous rend heureux et avec qui nous partageons énormément. Elles sont peu nombreuses mais elles sont là, à nos côtés, prêtes à tout faire pour nous procurer du bonheur. Elles valent bien plus que mille chats et chiens !
Jouissons de la vie !
Et oublions par la lecture la tentation de ressembler à nos amis les animaux...
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