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Marcel Proust

Pourquoi lire ? Raison n°26 : fuir François Bégaudeau

Publié le 19 Octobre 2008 in Pourquoi lire

Je ne l'avais jamais écouté parler auparavant mais j'avais beaucoup entendu parler de lui ces derniers temps.

Et, j'aurais préféré qu'il reste dans mon esprit ce jeune écrivain qui m'était tout à fait indifférent car inconnu, qu'il reste donc cet ancien professeur de français dans un lycée de ZEP qui a inspiré le scénario du film devenu Palme d'Or au dernier festival de Cannes. Je savais bien qu'il avait publié en septembre un antimanuel de littérature qu'aussitôt ouvert, j'avais refermé tellement ce qui était écrit était illisible. Il parle de littérature avec le vocabulaire d'un adolescent de quatorze ans et avec un humour bas de gamme tout en sachant que le livre est à destination d'un public adulte !
Exemples rapportés par Pierre Assouline sur son blog (lire son excellent article) :

"Bernanos : Antisémite et auteur de bons livres, cela se peut !
René Char : M'aura au moins permis de placer "Arrête ton char, René" dans quelques conversations
Proust : Peut être considéré comme un immense écrivain, si on arrive à oublier qu'il se prénomme Marcel
Zola : Aurait eu l'air malin si Dreyfus était coupable
Diderot : Un ami, et c'est réciproque"


Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles. Mais bon, le livre est si mauvais que je ne m'attendais pas à ce que ce soit un succès en librairie. Je ne faisais donc que peu de cas de Frédéric Bégaudeau jusqu'à ce que je vois son intervention face à Pierre Assouline dans l'émission Café Littéraire (présentée par Daniel Picouly) du vendredi 17 octobre 2008. J'ai alors réalisé à quel point cet homme était pitoyable. Je vous ai retranscrit ci-après, le plus fidèlement possible, le débat qui s'est tenu entre ces deux hommes. Non seulement Bégaudeau ne sait pas parler français (juste avant ce débat, il a dit par exemple qu'il "s'est beaucoup balladé dans les salles (pour le film Entre les murs), ça lui a un peu pêté le temps" et "c'est vachement compliqué de faire lire un bouquin qu'on vient d'écrire"), mais, en plus, (et ne riez pas !) il pense certainement qu'il est le plus grand écrivain français du moment étant donné que le film "Entre les murs" a reçu la Palme d'Or et il agit donc de façon irrespectueuse et faussement provocante. Faussement provocante oui car être provocant, c'est être pertinent et respectueux. Il est seulement bon dans le registre de l'insulte gratuite. Affligeant. Et ce d'autant plus qu'il doit représenter  aux yeux des étrangers la littérature française contemporaine. Nous voilà avec un bel ambassadeur... Heureusement pour nous que Le Clézio a obtenu le Prix Nobel de Littérature pour concurrencer un peu le succès de cet écrivain vulgaire !

Qu'il est bon de lire La route des Flandres de Claude Simon pour oublier la médiocrité de certains auteurs français...


Débat entre Pierre Assouline et Frédéric Bégaudeau :

A l'arrivée de Pierre Assouline sur le plateau, François Bégaudeau a lancé, ironique, "Je me lève par respect". Le ton était donné.

Le présentateur (à Pierre Assouline) : Et allons-y tout de suite, vous avez parlé, vous avez critiqué François Bégaudeau dans des termes que je vous laisse répéter et donc on voit que François Bégaudeau est un petit peu énervé, non pas par votre présence mais par ce que vous avez dit de lui. Rafraichissez-nous les idées. Qu'avez-vous dit de François Bégaudeau qui ait pu l'énerver à ce point ?

PA : J'ai pas aimé son livre qui est bâti beaucoup sur son humour, il l'a dit. Je trouve son humour  très lourdingue, donc j'ai pas du tout pris. Je trouve que les exemples qu'il donne sont assez mauvais. Mais je choisis ce qui est bien en revanche, ce sont les  extraits des écrivains qui sont bien choisis et intéressants et l'iconographie qui est très belle. Mais pour le reste, c'est un livre qui m'est tombé des yeux et des mains. Voilà c'est tout.

FB : J'aimerais quand même dire un truc. Tout à l'heure je lui ai dit -on s'est serré la main- " Vous êtes payés pour suivre Bégaudeau ?" Parce que c'est devenu un métier chez Assouline.  Il me dit "mais pas du tout, c'est juste de la critique". Ah non,  là moi je suis pas d'accord, c'est pas de la critique. Par exemple, de dire que l'humour est lourdingue, c'est pas de la critique, c'est de l'humeur, c'est du jugement parce qu'en face y a des gens qui disent que ce livre est super drôle et que l'humour est super léger. La critique elle commence quand j'essaie d'expliquer ce que ça veut dire lourdingue. Or par exemple, dans votre blog, il cite plein de blagues que je fais et il dit "regardez comme c'est nul !" mais non faut expliquer et par exemple moi je le fais, moi je me coltine le boulot, moi je me suis coltiné trois pages dans mon antimanuel pour essayer d' expliquer ce que ça pourrait être l'humour littéraire. Ca, ça s'appelle de la critique. Ca s'appelle de la pensée. Vous, vous êtes dans l'opinion, dans l'humeur, dans le fiel et c'est en quoi je l'ai associé à cette grande tradition pamphlétaire fançaise que j'adore.

PA : C'est la raison pour laquelle quand il me rencontre il me dit "Est-ce qu'on vous paye cher pour ça?" Voilà, c'est ça la critique effectivement oui. Non, mais il n'y a rien à repondre...

FB : Je vais pas faire la critique de la critique non plus ! J'ai pas que ça à foutre !

PA : Vous n'allez pas recommencé...

FB : Je suis pas obsédé par vous comme vous par moi !
 
PA : Vous avez déjà empêché Michel Onfray de parler. Moi, j'ai pas grand chose à dire. Simplement, je vais vous dire, contrairement à ce que vous avez dit, je ne fais pas le métier de critiquer Bégaudeau parce qu'on a autre chose à faire...

FB : Vous faites pas le métier de critiquer tout court ! (PA essaie de parler). Vous faîtes pas le métier de critiquer tout court. C'est pas de la critique, c'est des assertions ! Faites pas croire aux gens que c'est de la critque ce que vous faîtes ! Vous faîtes un blog d'humeur.

PA : Juste, essayez de vous taire 5 minutes et d'écouter les autres.

FB : Je me tairai si je veux !

PA
: Non mais taisez-vous 5 minutes et écouter d'autres paroles que la vôtre.

FB : Vous allez pas me dire à moi, vous, Pierre Assouline, de me taire 5 minutes !

PA : Si, si. Vous faîtes partie...

FB : Faut pas vous énerver comme ça Pierrot !

PA : (désespéré) Vous faites partie de ces gens qui pensent qu'ils sont sourds quand ils n'entendent plus parler d'eux.

FB : Bien dit !

PA : Si, voilà exactement. Donc, ne croyez pas que vous êtes le seul sujet de conversation...

FB : C'est ce qu'on appelle une formule. C'est des formules !
 
PA : ...et d'intérêt des journalistes. Il y a d'autres choses dans la vie littéraire, il y a d'autres choses, d'autres livres, le livre de Michel Onfray qui m'intéresse bien davantage.

FB : Ben alors lâchez moi la grappe, alors, Monsieur Assouline !

PA
: Je voudrais juste vous rappeler une chose...

FB :  Allez, parle de ton livre c'est mieux ! Parle de ton livre, mon amour !

PA : Vous m'envoyez, gardez votre mépris, vous...

FB : Brèves de blog (ndlr : dernier livre de PA) : un chef d'oeuvre !

PA
:  Vous m'envoyez votre bouquin avec une dédicace et vous vous demandez pourquoi j'en parle ! Fallait pas me l'envoyer.

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