Gianni Alemanno n'est pas le nom d'un parrain de la mafia siciliennne qui serait prêt à commettre tous les crimes pour garder le contrôle
sur sa tribu et son territoire (à l'instar de l'homme de Néandertal).
Gianni Alemanno n'est pas non plus le nom d'une nouvelle marque italienne de luxe qui vouerait (comme toutes ses congénères) un véritable culte à la femme anorexique.
Gianni Alemanno est encore moins le nom d'un nouvel acteur de film pornographique qui perpétuerait l'image de l'homme viril (si tant est que l'on puisse parler d'"homme"... le mot
"mâle" me semblerait plus approprié...) qui prend la femme pour un objet de jouissance.
Mais alors, qui est donc ce mystérieux Gianni Alemanno ?
C'est tout simplement le nom du maire de Rome ! Ce mystère dévoilé, je suis certain que vous ne comprenez toujours pas pourquoi je tiens à parler de Gianni Alemanno. Et, je ne peux m'empêcher de
penser que dans votre inconscient l'expression "maire de Rome" se réduit à "Rome" et que vous ne voyez en conséquence en la personne du maire de Rome que celui qui dirige une ville
splendide. Déjà dans votre esprit se bousculent des sortes de cartes postales présentant les sept collines, le Colisée, le Forum romain, la place d'Espagne, pléthore de fontaines toutes plus
charmantes les unes que les autres ainsi que pléthore de traditionnels Vespas. Pourtant, je me dois d'apporter une ombre à ce beau tableau. Car dans l'expression "maire de Rome", il y a
"Rome" mais il y a aussi le mot "maire" (remarque pertinente, non ?!) et c'est justement ce dernier mot qui m'intéresse car qui dit "maire', dit "mandat politique". Je vous demande donc de
ne considérer Gianni Alemanno que comme un homme politique italien. De toute façon, étant donné ce que je vais vous apprendre sur ce Gianni, vous ne ferez plus de confusion entre sa fonction
de politicien et la ville de Romus et Romulus. Ceci étant dit, une question doit encore vous tarauder. Pourquoi ne s'en prendre qu'à Gianni Alemanno alors que chaque homme ou femme politique
(aussi bien d'Italie ou d'ailleurs) pourraient faire l'objet d'un tel article ? La réponse est des plus simples : Gianni Alemanno a très largement dépassé les bornes.
Dans une récente interview qu'il a accordée au journal italien Corriere della Sera, Alemanno a déclaré qu'il " ne considére pas et n'a jamais considéré le fascisme comme le mal absolu"
et à lui d'ajouter que "beaucoup de gens ont rejoint le fascisme en toute bonne foi et il ne pense pas que l'on puisse parler de mal absolu à leur sujet". Il concède toutefois que "les lois
raciales voulues sous le fascisme et qui ont contribué à la fin politique et culturelle du fascisme étaient, elles, le mal absolu." Que dire ? Aucun discours antifasciste emprunt
d'humanisme et d'altruisme ne saurait égaler la réponse concise que Piero Terracina, un ancien déporté à Auschwitz, a adressé à Alemanno : "Si le fascisme n'avait pas existé, il n'y aurait
pas eu de lois raciales". J'espère qu' Alemanno a enfin compris. En effet, ce n'est pas la première fois qu'il se fait remarquer pour ses tendances révisionnistes et fascistes. Elu du parti
de Berlusconi (Parti du Peuple des Libertés...), il a appartenu dans le passé à la droite néo-fasciste italienne dont il fut l'un des leaders. En 1982, il s'est d'ailleurs illustré
dans un attentat au coktail Molotov contre l'Ambassade de l'URSS à Rome. Plus récemment, il a joué à fond la carte de l'insécurité et du refus de l'immigration en allant même jusqu'à chercher à
s'allier avec la Destra, un mouvement clairement fasciste, lors des élections municipales à Rome en 2008. Et, ultime provocation, Alemanno porte en permanence autour du cou la croix celtique qui
fut l'emblème de nombreux partis d'extrême-droite dans les années 30 (en France notamment).
Dans le même temps, dans toute l'Italie, les agressions à caractère raciste et xénophobe contre les camps de Roms s'accroissent, tout comme le nombre de mesures d'immigration zéro
(que je préfère qualifier de mesures de respect zéro pour ma part) voulues par le gouvernement de Berlusconi.
Il ne fait pas bon vivre de l'autre côté des Alpes. Vite lire pour tenter de penser à autre chose.... ce qui ne nous empêche pas de rester vigilants. Toujours.