Avez-vous déjà vu l'opéra La Bohême de Puccini ? Non ?! Alors, dès que vous en aurez l'occasion, courrez dans un opéra pour voir cette pièce ! Cela en vaut vraiment
la peine. En ces temps de canicule, la fraîcheur d'esprit italienne ne peut que vous plaire et vous séduire. Mais là n'est pas mon propos.
La semaine dernière, j'ai assisté à une représentation de cet opéra à Leipzig en compagnie de quelques amis. L'un deux a rencontré sur place une amie danoise dont les remarques furentt fort
pertinentes...
A vous de juger.
A la fin de l'opéra, nous nous sommes tous retrouvés sur l'Augustusplatz pour partager nos sentiments, qui son émerveillement, qui son enthousiasme. L'amie danoise, quant à elle, n'a formulé
qu'une remarque -pour se rendre intéressante certainement- :
"Que c'est dur d'applaudir à la fin. Je ne comprends pas pourquoi les artistes reviennent plusieurs fois. Une seule fois suffirait amplement."
Et dans ce genre de situation, il y a en toujours un(e) pour soutenir les remarques stupides. L'instinct grégaire à petite échelle...
Par quel autre adjectif que stupide peut-on qualifier cette petite remarque ?
Bon il est certain qu'il est des moments où applaudir relève de la stupidité. Pour avoir participer à plusieurs meetings d'une certaine S.R.(Sacrée Roublarde !) au printemps 2007,
je puis vous affirmer que rester debout à applaudir pendant près d'un quart d'heure (voire plus !) pour apporter son soutien à une femme qui n'en vaut aucunement la peine est absurde.
Mais dans le cas de l'Art, les applaudissement sont loin d'être absurdes. Ah...l'amie danoise...encore une qui n'a pas compris que n'est pas artiste celui qui le veut. L'artiste a un
don qu'il doit travailler et cela lui demande de longues heures de préparation qui requièrent patience et endurance. Et, quel bonheur pour l'artiste de voir ce talent enfin reconnu ! Il
se rend alors compte que les efforts fournis ne l'étaient pas en vain. Il comprend tout simplement aussi pourquoi il a passé tant de mois à se préparer lorqu'il entend les mains claquer : obtenir
la gratitude d'un public ému par l'interprétation qu'il vient de lui livrer. Il a accompli la mission première de l'artiste, celle de produire chez le spectateur des sentiments qui
le bouleversent. Et comment le remercier pour cette émotion qu'il fait s'éveiller en nous si ce n'est en l'applaudissant chaleureusement de toutes nos forces et plusieurs fois. Nous lui
devons bien cela. Il n'y a pas que l'argent qui satisfait l'artiste comme la génération Star Ac peut le croire à tort. Il y a aussi la reconnaissance à chaud des spectateurs, n'en déplaise à
l'amie danoise...l'amie danoise qui est d'ailleurs restée confortablement assise pendant trois heures à regarder des artistes en action, au sommet de leurs arts, sur une scène où la
température peut vite atteindre 50°C en raison de l'éclairage... Donc, quelques minutes d'applaudissements, ce n'est pas trop demandé, je pense, d'autant plus quand on vient à l'opéra pour 6
Euros (même pas le prix d'un ticket de cinéma !).
Ah oui, j'allais oublier... je me dois d'apporter une dernière précision... C'était la dernière représentation de La Bohème ce qui implique que les applaudissements prenaient une dimension
encore plus générale. Le spectateur applaudissait non seulement pour cette représentation mais aussi pour toutes celles qui l'ont précédée, pour l'ensemble d'un dur labeur qui prenait fin ce jour
après avoir émerveillé tant de spectateurs au cours des derniers mois...
Mais rien que se dire que d'autres personnes doivent penser de la même façon que l'amie "philistine" danoise, j'ai envie d'aller lire un peu pour apaiser ma colère. Mais, avant de me réfugier
dans la lecture, je tiens à adresser un applaudissement éternel à tous les artistes qui nous comblent tant :