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Marcel Proust

Pourquoi lire ? Raison n°21 : fuir Obama (et les autres)

Publié le 1 Août 2008 in Pourquoi lire

Jeudi 24 juillet, Barack Obama, ce métisse démocrate promis aux plus hautes destinées, a choisi la capitale allemande pour s'adresser directement au peuple européen. Et ce dernier était au rendez-vous...près de 250 000 personnes (rien que cela !) ont assisté avec enthousiasme à ce moment unique dans l'histoire de l'Europe...dont moi !
Alors que je lisais (avec plus ou moins d'attention...!) le Süddeutsche Zeitung (le SZ pour les germanophones !) au début du mois de juillet, j'ai été surpris de lire "Barack Obama ist Berliner" (Barack Obama est Berlinois). Je savais qu'il avait beaucoup voyagé dans sa jeunesse entre Amérique et Asie mais je n'omettais pas l'hypothèse qu'il ait pu passer une partie de sa vie à Berlin. Cependant, dès les premières lignes de l'article, j'ai saisi que le titre faisait référence à JF Kennedy et sa fameuse petite phrase prononcée au balcon de la mairie de Schöneberg : "Ich bin ein Berliner !".  Barack Obama, considéré par le journaliste comme le nouveau Président des Etats-Unis, devait en effet faire un "discours historique" à Berlin. Quand ? Le 24 juillet. Où ? Là était le problème. Barack Obama souhaitait parler depuis la porte de Brandebourg, monument symbole de la réunification allemande et de la fin de la guerre froide où Reagan et Bush Sr. avaient déjà déclamé des discours très célèbres. Mais, Angela Merkel ne voyait pas d'un bon oeil qu'un candidat à la présidence des Etats-Unis vienne non seulement faire campagne sur le sol allemand mais surtout vienne se conduire comme un Président alors qu'il n'est que postulant. Il a donc fallu trouver un autre lieu. Et quel lieu est plus chargé d'espoir que la Siegessäule c'est à dire "la colonne de la Victoire"  ?  C'est ainsi que quelques jours seulement avant le discours, le choix du lieu a été fixé en plein centre du Tiergarten, au pied de la colonne de la Victoire. Fort de ces informations, j'étais fin prêt à assiter au meeting de cet homme politique au sujet duquel les commentateurs internationaux ne tarrissent pas d'éloges. Autant vous dire que j'attendais avec impatience ce moment. Ecouter un grand orateur est toujours un vrai plaisir.
Le discours commençait à 19h et les portes d'entrée ouvraient à partir de 16h. Après avoir quitté ma soeur sur la Friedrichstrasse vers 15h30, je me dirigeais sur Unter den Linden pour atteindre la colonne de le Victoire. Mieux ne valait pas tarder vu la foule attendue. En chemin, juste devant la porte de Brandenbourg, de nombreux quidams attendaient avec impatience l'arrivée d'Obama à l'hôtel Hilton où le candidat devait rencontrer les élites politiques allemandes.
"Nous voilà derrière des barrières pour voir juste un type qu'on verrait bien mieux à la télé " L'auteur de cette tirade n'était autre qu'un jeune homme qui demandait à sa douce et tendre de partir... cela faisait plus de 2h qu"ils attendaient "umsonst", pour rien... Cela vous permet de bien savourer cette petite phrase.... Décrier ce que l'ont fait pour bien montrer que l'on est pas dupe... la crème de la crème de la contradiction ! Puis, à quelques pas, un attroupement de journalistes a attiré mon attention. Klaus Wovereit; le maire de Berlin, donnait une conférence de presse impromptue après sa rencontre avec le challenger de Mc Cain, sur fond de porte de Brandenbourg. Le ton était donné : ce n'était pas une journée comme les autres pour Berlin !
La porte de Brandenbourg franchie, il ne me restait qu'à suivre l'avenue du 17 juin. Deux kilomètres. Sur le trajet, se trouvaient de nombreux vendeurs à la sauvette de badges "kitsch" à l'effigie de Barack Obama mais aussi de jeunes militants démocrates qui tentaient de rallier les citoyens américains présents à la cause d'Obama. Et évidemment, il y avait aussi les traditionnels stands de bière et de Bratwurst. Berlin est en Allemagne, que diable ! Je ne devais plus que franchir la barrière de sécurité pour atteindre mon but. Vous comprendrez que les contrôles furent stricts étant donné qu'Obama deviendra peut-être le nouveau chef du monde libre !

"Was ist das ? (Qu'est-ce que c'est ?)
- Ein Buch !" (un livre !)

Cette petit question émanait d'un des vigiles. Il venait de retirer un de mes livres de son emballage plastique pour bien vérifier que ce n'était pas une bombe. Mais, une fois le livre sous les yeux, il m'a demandé ce que c'était. Je suis tombé des nues tellement la question me parraissait stupide. J'ai mis quelques secondes à lui répondre naïvement que cet objet non identifié n'était qu'un livre. Je veux bien conssentir que certains livres sont plus puissants que des bombes mais tout de même...  Remis de mes émotions, j'allais en direction de l'estrade où Obama allait enthousiasmer les foules d'ici à quelques heures. Je me trouvais à 10 mètres de son pupitre. Il était 17h30. Il faisait chaud.
Je vous laisse à présent suivre la suite des évènements à travers quelques photos que j'ai prises.


Foule en attente. En arrière plan, la tribune des journalistes.

 La tribune des journalistes.




La colonne de la Victoire




 Un homme en lunettes noires à côté du pupitre...

Avenue du 17 Juin...des centaines de milliers de personnes !




Barack Obama à la tribune !

Deux Américains au sommet d'un réverbère

Vue sur un écran géant. En arrière plan, la colonne de la victoire




Un stand de bière




Badges "kitsch" à l'effigie d'Obama




Supporter de John Mc Cain en marge du rassemblement




Revendication

 


Vue sur la Fernsehturm et sur la porte de Brandenbourg





Une Américaine travestie en statue de la Liberté


Alors, quel bilan tirer de ce "moment historique" ?
Il est certes très amusant de voir en vrai l'ambiance particulière des meetings politiques américains. Tout y est déchaîné ! Mais, attendre pendant plus de deux heures un homme dont le discours plus que creux a duré à peine 20 minutes a de quoi nous faire regretter d'avoir assisté à ce meeting. Que de temps perdu ! Discours creux ? Barack Obama a en effet seulement rappelé l'importance à ses yeux de l'occupation de l'Afghanistan et la nécessité de faire tomber tous les murs  (le tout dans un Anglais qu'un lycéen aurait  compris sans aucune difficulté). Et, à côté de cela, on ne peut qu'être dégoûté par toutes celles et ceux qui n'ont eu de cesse de scander "Barack, we love you !", ce qui témoigne de cette détestable personnfication du pouvoir. Barack est beau, Barack est noir. Barak est énergique. Cependant, ses idées passent au second plan. Tout ce qui compte, c'est l'image. Le niveau zéro de la politique. J'étais prévenu..et puis, c'est aussi un phénomène qui arrive en France mais vivre cela...J'ai tout simplement eu peur. La passion reprend le pas sur la raison. Tremblez.

Alors oui, fuir Obama, fuir Mc Cain, fuir Royal, fuir Sarkozy, fuir la personnification du pouvoir, fuir les démocraties à tendance monarchique !

Vite, lire Selam Berlin de Kara pour essayer d'oublier...

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